Oraison funèbre de Ngbanda Nzambo ko Atumba Honoré.

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Mesdames et Messieurs membres de la famille Ngbanda Nzambo Ko Atumba , Chers compatriotes et membres de l’APARECO ,

Aujourd’hui est le quarantième jour de la mort de notre cher Président, qui vient maintenant de se dépouiller de la chair naviguant ainsi dans la sphère spirituelle. Quand il naquit à Lisala, dans la province de l’Équateur, personne, ni même sa mère, ne savait que le nourrisson allait devenir un grand homme du pays. Ainsi les grandes destinées, pour qu’elles ne soient pas fauchées avant le temps et qu’elles accomplissent les œuvres pour lesquelles leur existence sur terre se justifie, se cachent-elles derrière la faiblesse, l’immaturité et la simplicité d’un nouveau-né.

Un dicton de notre pays dit ceci: ” Mosapi moko esukolaka elongi te ”. Aussi pour accomplir son destin que nous avons su voir et aussi vivre ensemble avec lui, il lui a fallu l’aide, certes, des parents, au sens africain du terme, mais aussi de tous les instituteurs, professeurs, chefs des services, amis et autres.

La conjugaison de toutes ces synergies avait fait de lui l’homme que nous regrettons la perte en ce jour.

À la fin de son parcours universitaire, et grâce à ses capacités intellectuelles, il aura la chance d’intégrer les services de renseignement du pays et de brûler les étapes grâce à ses pertinentes analyses pour en être l’administrateur général, sous le règne du Maréchal du Zaïre, qui le nomme tour à tour ambassadeur, ministre, conseiller spécial en matière de sécurité.

Grâce à cette expérience politique acquise sur plus d’une dizaine d’années, il avait acquis l’expertise suffisante pour pouvoir, un jour, diriger le pays. Mais le pays fut envahi par les armées coalisées des pays africains voisins sous la bénédiction des Nations unies et les sociétés multinationales jusqu’à nos jours.

Cette occupation, toute aussi bien militaire que politico-économique, réveilla en lui la fibre patriotique.

C’était là le sens de son combat. À l’opposé d’autres fils du pays tout aussi expérimenté que lui, mais qui croisèrent les bras, le petit-fils de Hunda fit la différence. Tout comme il assuma la responsabilité collective de la gestion désastreuse de la Deuxième République, aussi s’éleva-t-il, comme toute élite politique devrait le faire en principe, contre la recolonisation des peuples du Congo.

Avec l’aide de quelques amis, il fonde une structure politique, l’APARECO, qui a pignon sur rue dans le pays pour combattre l’occupation. Comme on pouvait s’y attendre, la foudre de la Communauté internationale s’abattit sur lui, et utilisa, comme à l’accoutumée, des fils du pays pour la sale besogne.

Il doit vivre dans la clandestinité pour avoir le temps de passer le message. C’est ainsi qu’on a essayé d’ausculter la vérité profonde de l’Occupation en la revêtant d’une ossature de démocratie, d’élections, et de dénigrer sa personne par des épouvantails et de surnoms tel que Terminator, en vue de l’éloigner des populations congolaises, mais sa pugnacité, son intransigeance et la vérité de son discours ont l’emporté sur les allégations fallacieuses de ceux qui se plaisent à vendre le pays aux étrangers.

Ô Ngbanda, fils de Nzambo et de Ngunvale, toi qui dors maintenant, tu n’as pas été Terminator pour ton peuple, et tout le monde le sait malgré leur hypocrisie, personne n’a pu le prouver quand tu étais vivant, qu’ils se taisent à jamais ! Mais tu l’as été pour les ennemis de ton peuple que ton verbe suscitait des nuits blanches; la véracité de ton discours ébranlait les puissants du Congo et des commanditaires de l’Occupation, puisque tu as dressé contre eux le plus puissant des armées qu’ils ne peuvent vaincre : le peuple congolais; un remue-ménage secouait les quartiers généraux adverses et chacun essayait de voir où il avait failli quand les médias annonçaient ta prise de parole prochaine et, quand ta voix tonnait, claire et puissante, dans la justesse d’une cause noble, les combattants de la liberté s’affermissaient dans la lutte, et les adeptes du néocolonialisme s’affaiblissaient dans la panique.

Tu as laissé une descendance biologique composée de fils et petits-fils, des filles et petites-filles, mais tu as laissé aussi, tu le sais, une grande descendance politique. Toutes deux célébreront la gloire de ton existence : la première par la perpétuation biologique de ton nom et, la seconde, à travers tes idéaux qu’elle ne cessera jamais de véhiculer.

Tu as été un grand homme, Honoré Ngbanda, et tes adversaires politiques le savaient, puisqu’ils disent en aparté après ton analyse : “ À dire vrai, il a raison, mais bon…”. Tu leur as pardonné cette faiblesse, ce manque de courage politique et cette obsession pour la facilité.

Que donc la mauvaise langue s’évertue à ressasser ton passé, en bon chrétien que tu as été et qu’ils sont, qu’ils méditent alors cette écriture célèbre : “Vaut mieux la fin d’une chose que son commencement” (Ecclésiaste 7:8.)

Tu as su rebâtir la confiance en soi en chacun de nous, tu as su redonner de l’espoir à ton peuple pour le combat vers la liberté, tu as suscité une nouvelle élite politique soucieuse des intérêts du peuple congolais, et tu as su faire ressurgir de la nuit la seule valeur dont usèrent les pères de l’indépendance pour arracher la souveraineté congolaise aux colons : le patriotisme.

La résurgence de cette base patriotique nous amènera à la seule issue dont tu ne cessais de nous rappeler en ces termes : “Nous n’avons qu’un seul rendez-vous, une seule date : c’est la victoire du peuple congolais”.

Même si personne ne peut terminer ni achever parce qu’il est mortel, tu as suffisamment eu du temps pour nous préparer à la lutte, et nous t’en sommes à jamais reconnaissants. Repose en paix !

Oh ! Regarde ! Les grandes portes du Panthéon des héros congolais se sont largement ouvertes pour t’accueillir et te faire asseoir auprès de Lumumba, le père des héros nationaux; car si Lumumba, par son verbe, a su arracher l’indépendance, ta parole à toi, Ngbanda, nous a ramené à ses idéaux.

Repose-toi donc dans la quiétude du bon travail accompli. Et Dieu et les hommes en sont témoins !

Que vive le Congo que tu as tant aimé !

Oslo, le 09 juin 2021

BABABEBOLE Kadite

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