LA SUÈDE ET LA FINLANDE NE VEULENT PAS DE L’OTAN.

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Au-delà de toutes les pressions faites par les Américains sur ces deux pays du nord de l’Europe, situés dans “l’Étranger proche” de la Russie, de rejoindre l’OTAN, la Suède et la Finlande, par excellence pacifistes et neutres, ont le 24 janvier dernier au quartier général de l’OTAN à Bruxelles, définitivement clarifié leur position au sujet d’une éventuelle adhésion à cette alliance politico-militaire offensive et agressive.

Le spectre de la “menace russe” et la psychose de la guerre d’invasion de territoires de ses voisins et d’en modifier les frontières internationales, que l’on brandit et que l’on entretient en permanence, en les mettant à toutes les sauces par le truchement d’un matraquage médiatique, ont-elles été assez convaincantes pour détourner ces deux États du chemin de leurs pacifismes légendaires ? De toute évidence : Non !

Parce qu’en réalité, cette soi-disant “menace russe” inventée de toutes pièces par certains milieux financiers liés aux complexes militaro-industriels americano-occidentaux qui doivent absolument vendre leurs armes, ne relève que de la pure propagande et d’une tentative diabolisation systématique de la Russie, depuis l’éclatement de la guerre civile en Ukraine et la réintégration de la Crimée (qui est russe depuis 1783) à la mère-patrie en 2014.

Il semble aussi que toute la campagne faite autour d’une imminente invasion de l’Ukraine par la Russie depuis le printemps 2021 à ce jour, n’a pas suffi pour convaincre ces deux pays à l’histoire liée que sont la Suède et la Finlande, d’abandonner leurs neutralités et leurs politiques de non-alignement.

S’il est vrai qu’il n’appartient pas à la fédération de Russie, en violation à la souveraineté et à l’indépendance respectives de ces deux nations, de décider de la question de leurs adhésions à une quelconque alliance militaire, en leur traçant une “ligne rouge”, il n’en reste pas moins que ce n’est pas non plus aux États-Unis et à leurs États vassaux de l’OTAN, d’user toutes sortes de subterfuges fallacieux, afin de les entraîner dans cette voie de la guerre et de la destruction prochaines.

Cette prise de position souveraine des gouvernements suédois et finlandais n’est d’autre que le reflet de la volonté de leurs deux peuples respectifs, qui, d’un côté, ne se sentent guère menacés par une quelconque Russie belliqueuse, et qui de l’autre, contrairement au peuple américain et à leurs dirigeants va-t’en-guerres, les Suédois et les Finlandais connaissent le prix et les affres de la guerre pour en avoir subi les conséquences dans leurs passés historiques.

Pourquoi pense-t-on du côté de l’OTAN que d’autres États doivent forcément en devenir membre à part entière ? Et ceci, contre quel ennemi ? Sachant la Suède et la Finlande, au-delà du fait qu’elles n’en soient pas membres, entretiennent pour autant une étroite collaboration avec cette alliance.

Pour preuve, en septembre 2017 s’agissant de la Suède, ce pays a tenu sur son territoire national des exercices militaires conjoints avec l’OTAN sous le nom d’Aurora, ayant engagé plus de 10 000 hommes.

Cette tendance des USA à vouloir coûte que coûte recruter des États subordonnés dans le voisinage de la Russie, ne justifierait-il pas les craintes et la demande de garanties de sécurité légitimes de cette dernière, qui y voit une volonté manifeste de l’encercler à des fin malveillantes ?

Plutôt que de rechercher la paix en fournissant à la Russie les garanties de sécurité qu’elle réclame à cor et à cri, les psychopathes bellicistes occidentaux au pouvoir aux USA et en Europe, rejetent avec mépris cette demande en proférant de menaces de soi-disant sanctions contre celle-ci.

Faut-il rappeler ici qu’en 247 ans d’existence de leur pays, les Américains n’ont presque jamais connu de guerre dévastatrices sur leur territoire, si ce ne sont la Guerre anglo-américaine de 1812 à 1815 et l’attaque de Washington mis à feu par la marine britannique, ainsi que leur guerre civile de 1861 à 1865 ?

Sous-entendu, une vraie guerre d’agression et d’occupation parsemée entre autres d’atrocités, de crimes de guerre, des bombardements de l’artillerie ou de l’aviation ennemies décimant des centaines de milliers de populations civiles, et réduisant des villes entières et leurs infrastructures vitales en ruines, ainsi que toutes les souffrances subséquentes qui en découlent pour les peuples meurtris.

Et de là, vous comprendrez pourquoi les dirigeants et médias américains en particulier, et certains de leurs suivistes en Occident, font preuve d’une très grande facilité à faire l’apologie et à vouloir susciter des guerres ça et là à travers le monde.

Car, protégés de façon naturelle par deux grands océans que sont le Pacifique sur leur côte Ouest et l’Atlantique sur leur côte Est, ils se croient à l’abri de toute atteinte.

D’où cette propension tous azimuts que l’on observe dans leur chef, d’aller semer la zizanie et les guerres dans des pays lointains, sans en n’être directement affectés.

Il y a fort à parier que si les USA étaient entourés de tant de voisins, ils ne se seraient jamais payé le luxe d’autant de guerres, susceptibles de faire un retour de flamme de feu sur leur propre territoire national.

Et c’est bien ce qui risquerait de se produire cette fois-ci avec la nouvelle doctrine militaire russe, s’ils n’y prennent pas garde.

Car, un député de la Douma russe a d’ores et déjà prévenu : “la Russie ne s’en prendra pas seulement à ceux qui lanceront l’attaque, mais aux donneurs d’ordre”. Et ces donneurs d’ordre, personne ne les ignore, ce sont bien sûr les USA.

La FINLANDE, parlons-en dans une perspective historique et évolutive :

Partageant plus de 1 340 km de frontière terrestre avec la Russie, ce pays a eu une longue histoire partagée entre le Royaume de Suède et l’Empire russe, deux rivaux héréditaires qui se sont livrés 5 guerres au cours de la période 1555 à 1660.

La Finlande avait lontemps fait une partie intégrante du Royaume suédois de 1249 à 1809, lorsqu’elle fut arrachée à la Suède par la Russie, à l’issue de la guerre navale en 1808 que lança cette dernière, en s’emparant des villes d’Umeå au nord et de Stockholm la capitale suédoise.

C’est ainsi que la Suède a dû perdre le tiers de son territoire national, dont l’île de Åland en mer Baltique, une partie de la Laponie (Lappland) et surtout la Finlande.

Ainsi, profitant de la Révolution d’octobre et de la chute de la monarchie russe avec son dernier Tsar Nicolas II Romanov en 1917, la Finlande proclamera son indépendance à l’issue d’une guerre désastreuse contre l’Armée rouge sous le commandement des Bolcheviques de Vladimir Oulianov LENINE et compagnies.

Lors de la Seconde guerre mondiale de 1939 à 1945, s’étant vue refuser de l’aide militaire de la Grande-Bretagne, qui, ne voulant pas méconter la Russie qu’elle envisageait d’en faire plus tard un allié contre l’Allemagne nazie, la Finlande fera un très mauvais choix d’alliance stratégique.

Elle recevra de l’équipement militaire allemand, en échange de laisser son territoire servir entre autre de base de départ pour l’Opération Barbarosa d’Adolphe HITLER lancée contre la Russie en juin 1941, en violation de leur Pacte germano-soviétique du 23 août 1939.

Cette alliance incestueuse avec les Nazies en violation du Traité de Moscou de 1940 entre la Russie (l’URSS) et la Finlande, qui lui coûtera plus tard très cher, avait pour but de reconquérir ses territoires de Sala et de la Carélie, autrefois perdus au profit de la Russie. La Finlande va ensemble avec l’armée nazie, participer au siège de Leningrad (l’actuel Saint-Petersbourg) pendant 814 jours.

En 1943, lorsque la Russie (l’URSS) écrasa jusque-là l’invincible Weimarch à Stalingrad et libéra ensuite l’Europe – devenue aujourd’hui ingrate envers elle – du nazisme en 1945, c’est ici le cas de le souligner, la Finlande reconnu son erreur en septembre 1944 lors de l’Armistice de Moscou et en paya le prix fort en perdant 10% de son territoire au profit de la Russie, dont Sala, une grande partie de la Carélie et son débouché sur la mer Arctique.

En plus d’une somme de 350 millions US dollars en réparation de guerre, équivalent à environ 5 milliards US dollars d’aujourd’hui selon les estimations d’experts, pour ne pas se faire occuper à nouveau par la Russie soviétique et de garantir ainsi la survie de ses institutions démocratiques.

Le tout suivi d’un retournement de situation, lorsqu’éclata la Guerre de Laponie en 1944 entre alliés finlandais et allemands, afin d’en expulser ces derniers, conformément à l’esprit et à la lettre de l’Armistice de Moscou. Car, leur alliance n’était que militaire et non pas idéologique.

Devenue État membre de l’Union européenne en 1995, la Finlande fit le choix d’adopter l’euro comme monnaie commune en 1999. Mais les billets de banque et les pièces de monnaie n’y étaient entrés en circulation pour la première fois qu’en janvier 2002.

Ainsi, eu égard au fait que la Finlande reste par excellence une nation hautement démocratique, toutes les décisions de grande envergure engageant l’avenir du pays trouvent leur fondement dans la volonté populaire.

Alors que selon de récents sondages d’opinion, ni la majorité de la classe politique, ni moins encore une majorité de plus de 76% de la population totale de ce pays, ne veut d’une quelconque adhésion à l’OTAN.

D’où, l’échec des pressions exercées sur elle par les bellicistes de l’organisation militaire atlantiste qui voulaient à tout prix l’y embarquer.

Et la SUÈDE, parlons-en aussi dans une optique historique et évolutive :

Au cours de la période allant de 1321 à 1809, la Suède a quant à elle, eu à livrer au moins 14 guerres contre l’Empire russe, dont d’ailleurs l’un de ses princes vikings (varègues) du nom de Riourik, fut le fondateur de la Rus de Kiev ou la Russie kievienne au milieu du 8ieme siècle après Jésus-Christ.

Faisant abstraction à la guerre de Fredrickstad contre la Norvège en 1814, qui n’avait du reste duré qu’une semaine et consolida la séparation définitive intervenue dix ans plus tôt en 1804 entre les deux nations scandinaves ; la Guerre de Finlande de 1808 à 1809 contre la Russie, comme cela s’appelle selon la terminologie officielle suédoise, fut le dernier conflit armé majeur auquel la Suède s’est engagée jusqu’à ce jour.

Cette cuisante défaite en 1809 face à la Russie, fit perdre à la Suède plus de 33% de son territoire national et marqua bien entendu, le début d’une longue politique de neutralité et de non-alignement militaire que ce pays a depuis lors adoptée.

Par conséquent, la Suède devenue pacifiste par expérience de guerres ruineuses, s’est tenue à l’écart de deux conflits de grande envergure qui ont déchiré l’Europe au cours du siècle dernier que sont notamment la Première (1914 à 1918) et la Seconde (1939 à 1945) guerres mondiales.

L’occasion faisant le troisième larron, dit-on. Cette non-participation à la Seconde guerre mondiale permit à la Suède de bâtir une économie florissante et de la hisser au rang des pays les plus prospères du monde, aux côtés des économies en ruine d’autres nations européennes impliquées dans le conflit, qui n’ont pu se relever que grâce au fameux Plan Marshal americain.

La Russie (l’ex-URSS) qui rejeta le fameux plan de conquête économique et financière américaine (Plan Marshal), et obligea les pays slaves et autres de l’Europe centrale et orientale d’en faire autant. Contrairement aux pays de l’Europe de l’Ouest qui en demeurent jusqu’à ce jour assujettis, la Russie se tourna vers la Suède devenue très riche grâce à d’importants revenus engrangés pendant le conflit, qui lui emprunta de fonds nécessaires à sa reconstruction.

Ce fut là aussi le départ de la division du monde en deux blocs politico-économiques opposés.

D’un côté capitaliste, sous le leadership américain. C’est-à-dire, ceux des pays qui avait bénéficié du Plan Marshal et adopté l’économie des marchés.

Et de l’autre, socialiste sous l’autorité de la Russie (l’ex-URSS), avec des pays qui n’en avaient pas été bénéficiaires, dotés du système économique dirigé.

La Suède elle, fit le choix de la Troisième voie. C’est-à-dire, d’une économie mixte. Qui n’était donc ni capitaliste pure et dure, ni communiste et dirigée. Mais plutôt une symbiose de tout ce qu’il y avait de positif des deux côtés opposés.

Et pour assurer sa défense et sa sécurité, mais aussi son indépendance nationales et sanctuariser ainsi son territoire par rapport aux deux blocs militaires d’alors qu’étaient l’OTAN (de 1949 à nos jours) et le Pacte de Varsovie (de 1954 à 1991), la Suède se lança dans le développement de sa bombe atomique.

Politique de dissuasion nucléaire qu’elle abandonnera en 1958, après avoir démantelé les quelques bombes déjà disponibles, pour ne se consacrer exclusivement que sur les armes conventionnelles.

Après la chute du Mur de Berlin et la désintégration de l’Union soviétique (l’URSS) en 1991, la Suède réduisit considérablement la taille de son armée ainsi que ses dépenses militaires.

La Suède avait adhéré à l’Union européenne en 1995 au terme d’un référendum populaire ayant réuni près de 65% de votes favorables. Mais elle conservera jusqu’à ce jour sa propre monnaie nationale : la couronne suédoise, au détriment de l’euro.

Depuis 2015, à la suite de soupcons autour d’un sous-marins espion russe ayant opéré une intrusion dans l’archipel de Stockholm, sans toutefois avoir été retrouvé. Mais aussi du fait de l’éclatement de la guerre civile en Ukraine en 2014 et tout ce qui s’en est suivi, le budget de la défense de la Suède s’est accru de 8% et son arsenal de guerre constamment mis à niveau.

Le pays renforce depuis lors ses capacités de défense de façon intégrale, mais en particulier, sur l’île de Gotland située en plein milieu de la mer Baltique comme un porte-avions insubmersible.

Une position géographique hautement stratégique pour le contrôle de cette mer, distante de seulement 300 km de l’enclave russe de Kaliningrad, siège de la Flotte russe de la Baltique.

La Suède a en outre signé des accords de coopération militaires bilatéraux ou multilatéraux avec une vingtaine d’États, singulièrement avec les pays scandinaves dont le Danemark et la Norvège, et nordiques la Finlande.

Ainsi, comme dans le cas de la Finlande, la Suède est restée à l’écart de l’OTAN, tout en entretenant une étroite collaboration avec celle-ci.

Selon les tout récents sondages d’opinion, seuls 27% de la population suédoise éprise de paix et profondément pacifiste, seraient favorables à l’idée d’une adhésion à l’OTAN.

Bref, la Suède qui compte avant tout sur ses propres forces et son savoir-faire technologique en matière d’équipements militaires, n’a pas besoin de devenir État membre de l’OTAN pour assurer sa défense, si ce n’est plutôt qu’une coopération plus approfondie, afin de faire face aux défis de l’heure.

Voici là en substance, ce qui expliquerait la neutralité et le pacificisme de la Finlande et de la Suède, auxquels ces deux riches et prospères pays nordiques restent viscéralement attachés.

L’OTAN, on n’en veut ici.

/Pépin LULENDO/
2022-02-02

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