La mauvaise orthographe menace l´identité congolaise d´origine.

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RD CONGO : Ils écrivent leurs noms de façon fantaisiste dans un pays sous l´occupation étrangère, et prétendent en même temps vouloir défendre l´identité nationale congolaise, pourtant plus que jamais en péril.

Mon Dieu ! D´où vient donc cette fameuse graphie avec « C », en lieu et place de notre « TSH » traditionnel, selon la norme de la graphie officielle en RD Congo ? L´orthographe n´est pas à prendre à la légère. Dites-vous désormais chers compatriotes : « je suis dans l´erreur, et il faudra que je revienne à la raison ». Bref, rectifiez donc cette erreur en abandonnant définitivement de cette extravagance en écriture ou cette cacographie (Bikomela-mwanza) qui dessert plus notre cause nationale qu´elle ne la serve.

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Pour rappel, après les armées régulières du Rwanda, de l´Ouganda (le Lac Albert) et du Burundi (la Plaine de Masisi) qui occupent confortablement ― en violation de la souveraineté nationale de la RDC et du droit international ― des pans entiers ou sinon l´ensemble du territoire national congolais depuis le 17 mai 1997, au point d´y avoir installé un régime d´occupation au pouvoir à ce jour à Kinshasa ; lequel régime expansionniste a su, au cours de trois frauduleux processus électoraux notamment en 2006, en 2011 et le 30 décembre 2018, se revêtir d´une pseudo-légitimité populaire ; ce fut ensuite au tour de l´Angola de leur emboîter les pas en 2007, en s´emparant de la ville de Kahemba et ses 13 autres localités environnantes.

Les autres pays voisins, ayant constaté le manque de réaction et l´absence de l´État congolais de par son inaptitude à assumer ses responsabilités, en profitèrent pour se servir aussi à leur tour. Ainsi, cette série noire se poursuivit en 2016 avec dans un premier temps : l´invasion d´éleveurs Mbororo, suivie peu après de l´occupation par l´armée du Sud-Soudan d´une partie de la province de l´Ituri. Ce qui va plus tard donner des idées à l´armée nationale zambienne qui, en avril 2020, se mit subitement à bombarder à l´armes lourdes et avec ses hélicoptères de combat des positions de l´armée congolaise (les FARDC) infestée de fond en comble d´officiers et soldats rwandais, laquelle occupe depuis lors des contrées villageoises à quelques encablures de Pueto dans la province du Tanganyika. Enfin, inspirée à son tour par tous ces précédents restés impunis et sans réponses adéquates, la chétive armée centrafricaine s´est sentie pousser des ailes et passa elle aussi à l´acte, en s´invitant en mai dernier (2020) dans certains territoires de la province du Sud-Ubangi, dont Zongo et Gemena, voire Businga. Justifiant ainsi son occupation, par la prétendue présence de ses rebelles qui s´y abriteraient. Le tout, au nom du droit de poursuite.

Ceci dit, sur les neuf (9) pays limitrophes que compte la RD Congo, sept (7) d´entre eux en occupent des portions de son territoire national, à l´exception de la république sœur du Congo-Brazzaville et de la Tanzanie. En effet, au-delà des profondes humiliations qu´ils infligent à notre peuple à la face du monde, ces envahisseurs n´y viennent pas en visite de courtoisie avec l´intention de retourner aussitôt chez eux, s´ils n´y sont pas contraints par d´autres voies. Détrompez-vous chers Congolais ! Ils y sont plutôt dans l´intention bien affirmée d´y demeurer durablement et pour de bon, en s´appropriant aussi bien des terres qu´en usurpant l´identité congolaise d´origine pour eux-mêmes et pour leurs progénitures. Ne le perdons guère de vue en aucun instant…

Identité congolaise d´origine mise en danger

Ainsi, il s´agit donc vu ce qui précède, d´aborder dans cette réflexion : la question de l´identité nationale congolaise plus que jamais mise en péril, et qui, désormais, mérite de faire l´objet tant d´une préoccupation que d´une protection particulières de la part aussi bien du semblant d´État que des autochtones congolais, censés prendre conscience de toute la mesure des dangers ― aussi petits paraissent-ils ― auxquels certains d´entre nous l´exposent, et qui la menacent subtilement, sans qu´apparemment « personne » ne s´en aperçoive.   

Rappelons que l’identité bien qu´étant nous dirait-on, une notion aussi bien multidimensionnelle qu´évolutive suivant les circonstances et les péripéties de la vie d´un individu ou d´une communauté humaine ; il n´en demeure pas moins qu´elle est la chose la plus précieuse que l´on peut porter tant individuellement que collectivement, et dont on est censé protéger très jalousement par tous les moyens, et ce, dans l´intérêt supérieur des siens et de soi-même.

Après avoir subi au cours de ces deux dernières décennies toutes sortes d´assauts des pays voisins, c´est-à-dire pour parler net : invasions, guerres d´agression et de prédation, ingénieusement déguisées en soi-disant « rébellions internes » (RCD-Goma, CNDP, M23, qui a fait son retour) ou étrangères (ADF-Nalu), la RD Congo a vu ses populations autochtones soit déplacées de leurs terres ancestrales, selon une logique d´épuration ethnique au profit des occupants rwando-étrangers, soit complètement noyautées en certains lieux par ces populations allogènes, lorsqu´elles n´étaient pas purement et simplement exterminées par millions.

C´est notamment le cas en province du Tanganyika, à Kalemie, Pueto et Manono. En Ituri, avec les vagues d´invasions successives d´éleveurs Mbororo venus du Sud-Soudan. Ainsi que dans les zones de Masisi et de Minembwe dans le Sud-Kivu : infestés de Rwandais. D´où d´âpres combats actuellement en cours, qui y opposent les forces patriotiques d´auto-défense Maï-Maï du général YAKOTUMBA William aux groupes armés et extrémistes tutsi-rwandais de Ngumino, Twitgwaneo, Red Tabara et le Zabambema tutsi-burundais, qui ont froidement massacré le 16 juillet 2020 à Kipupu, chef-lieu du secteur d´Itombwe, plus de 200 de ses habitants, et où, plus de 50 femmes dont un bébé de 12 mois ont été violées. Ces organisations terroristes tutsi-rwandaises opèrent sous la protection de la MONUSCO et le haut patronage de deux Occupants au pouvoir à Kinshasa que sont : Azarias RUBERWA, ministre à la Décentralisation et à la Réforme institutionnelle, et le sénateur Moïse NYARUGABO. Rien n´inquiète ces deux individus qui se la coulent douce là-bas.

Un suivisme de mauvais goût, dépourvu de toute conscience nationale.

Dans la foulée, ces invasions étrangères massives ont entraîné avec elles en RD Congo, au-delà d´importants dégâts et préjudices subis par les Congolais sur le plan économique, politique, social et sécuritaire, des mauvaises influences et bouleversements de mentalité portant à bien des égards atteinte à nos spécificités nationales. Conséquence : il s´est développé une certaine tendance du côté de certains Congolais, à adopter aveuglement des pratiques et des habitudes venues d´ailleurs (Biyamba-yamba, dit-on en langue lingala), sans pour autant en connaître les tenants et les aboutissants, ni les objectifs. Et ce, soit par mimétisme ou par suivisme (Bilanda-landa, dit-on en langue lingala) au nom, on ne le sait,  d´une soi-disant « standardisation » se voulant peut-être « mondialiste » ; soit par effet de mode ou par snobisme dénué de discernement et de toute conscience nationale, simplement parce que l´on pense – à tort – que ça fait classe de singer les autres.

Par conséquent, cette attitude de légèreté de certains Congolais a permis dans un premier temps d´offrir des redoutables outils à ces imposteurs étrangers. Lesquels outils leur ont permis ensuite d´ouvrir des brèches dans la RD Congo, au travers desquelles ils n´ont plus eu qu´à s´y engouffrer, et enfin à s´y inventer de toutes pièces des « dénominations ethniques » fictives et insolites de notre registre ethnosociologique national. Dénominations du genre : « Tutsi-congolais ou Banyamulenge, voire Hutu-congolais », qui sont plutôt et exclusivement deux castes sociales ou groupes sociologiques inhérents aux cultures rwandaise et burundaise, et non pas des tribus congolaises. Ceux-ci s´octroient ainsi frauduleusement et illégitimement l´identité congolaise « d´origine » sans aucune procédure légale.

Bref, cette tendance peu réfléchie et croissante, pourrait, à long terme, si l´on n´y prend pas garde, s´avérer tout autant dangereuse pour la République que préjudiciable pour l´identité nationale congolaise, plus que jamais menacée et usurpée par nos envahisseurs qui se sont depuis lors rendus les maîtres des lieux.

L´Alphabet et la Graphie (ou plutôt l´Orthographe) sont par-dessus tout des moyens de protection de             l´identité culturelle et nationale d´un peuple.

Savez-vous que la défense d´une nation (du Congo) ne consiste pas uniquement à en protéger ses (poreuses) frontières extérieures et d´en assurer la sécurité intérieure ? Il s´agit également entre autres choses d´en protéger l´originalité culturelle et identitaire au pluriel, sans pour autant basculer ni dans le sectarisme et ni dans la discrimination. Autrement, cela constituerait un manquement grave à ses devoirs, ce qui reviendrait à se rendre du tort à soi-même, par défaut d´évaluer avec justesse les situations et les périls qui en sont liés.

En effet, il existe pour cela, bien entendu, selon la législation en vigueur dans chaque État, plusieurs méthodes et mécanismes mis en place pour protéger l´identité nationale de la fraude et de la convoitise des imposteurs de tous bords. C´est ainsi que diverses formes légales de protection de l´authenticité nationale     s´appliquent en différentes matières à cette fin-là. Parmi lesquelles et aux côtés de tant d´autres:                 l´Orthographe, la graphie ou l´Alphabet. Ce sont là des outils essentiels, censés toujours rester bien affûtés, afin de réglementer la langue et la culture. Car, au-delà de leurs fonctions premières de communication, de transcription, de transmission et de conservation des connaissances, ils peuvent indiscutablement constituer une sorte d´enveloppe protectrice de certaines spécificités et originalités  d´un peuple, afin de se (le) différencier des autres.

C´est pourquoi, on citera à titre illustratif, ces grands peuples que sont : les Russes, les Grecs, les Chinois, les Japonais, les Arabes, les Indiens, les Juifs voire nos frères d´Éthiopie pour ne citer que ceux-là, qui ont su chacun à travers des siècles d´Histoire, conserver leur spécificité en matière d´Alphabet et de Graphie. Et ceci, peu importe la fameuse mondialisation tous azimuts et triomphante. C´est bien évidemment dans le but de marquer sans équivoque leur différence par rapport aux autres peuples, en restant eux-mêmes de par leurs identités. Servant comme une espèce de garde-fou leur permettant ainsi de contrôler et de se prémunir contre toutes sortes d´éventualités, susceptibles d´être préjudiciables tant à leurs identités qu´à leurs particularismes culturels.

Du côté congolais, on semble plutôt faire les choses dans le sens inverse.

Alors que du côté du congolais, à défaut de pouvoir exploiter l´alphabet traditionnel dénommé Mandombe, quasiment inconnu du grand public, certains font plutôt les choses dans le sens inverse. Pourtant, le peuple quasi entier tant à l´intérieur qu´à l´extérieur du pays crie aux usurpateurs du pouvoir et de l´identité nationale congolaise d´origine, vu le fait que les réalités politiques, socio-économiques et sécuritaires du pays se clarifient davantage depuis la fraude électorale du 30 décembre 2018. Laquelle fraude a permis aux Occupants, abrités sous leur plateforme et coalition politique contre-nature à savoir le FCC-CACH, de nommer ― par le biais de la Cour constitutionnelle ― au service de leurs intérêts : un « vrai fils du pays » à la tête de l´État, mais en docile pantin leur servant de bouclier qu´ils manipulent à leur guise, contre les intérêts  supérieurs du peuple. Un vrai marché de dupes que ce dernier et ses partisans qualifient toute honte bue de « Deal ».

Cela dit, bon nombre de Congolais, à contre-courant cette dynamique de prise de conscience en cours, se livrent volontiers et de manière irresponsable, à la pratique d´une certaine graphie ou orthographe purement fantaisiste de leurs patronymes/matronymes ou noms de famille. Alors qu´on en ignore l´origine et le but, étant donné qu´elle n´est pas d´usage ordinaire dans le pays qui nous a vus naître, et qui nous a appris à lire et à écrire. Ces compatriotes-là, sèment ainsi une telle confusion avec leur écriture sortie de nulle part que l´on n´est plus en mesure de les identifier en tant que Congolais, et de là, les distinguer des usurpateurs de l´identité nationale congolaise qui pullulent ça et là à travers le pays.

Rappelons que des patronymes et des matronymes authentiquement congolais dans leur graphie officielle, jadis, exempts de prénoms judéo-chrétiens, musulmans ou européens, qui, à défaut d´employer notre propre alphabet Mandombe, ont pourtant servi – des années durant – à nous faire distinguer des autres Africains et à « protéger » ainsi tant bien que mal notre identité nationale congolaise ou zaïroise.

En effet, ces Congolais qui jouent à ce jeu dangereux, consistant inconsciemment et de façon irresponsable à exposer aussi bien la Nation que l´identité congolaise à des risques d´infiltration et d´usurpation, sont certes originaires de toutes les ethnies et tribus du pays. Ils sont issus de toutes les couches socioprofessionnelles, et proviennent de tous les horizons à travers la République. Mais il importe de souligner ici que, sans toutefois vouloir indexer singulièrement qui que ce soit, ou un « groupe ethnolinguistique » quelconque de Congolais, nos compatriotes portant des noms commençant avec le son ou le syllabe : « TSH » qu´ils remplacent inexplicablement par un « C », se trouvent malheureusement être ceux qui font le plus usage de cette graphie fautive, qui dénature leurs noms et viole la norme, en mettant ainsi en péril notre identité congolaise d´origine.

D´où vient cette cacographie, et ça commencé même comment ?

Et à ce propos, pour éclairer votre lanterne en tant que Congolais et lecteur, et de là, vous aider à ouvrir grand vos yeux et à prendre toute la mesure des risques que représente ce fléau, nous allons donc vous en énumérer quelques exemples. Ainsi donc, ne sachant par quel tour de magie, ni par la magie de quelle nouvelle règle décrétée en RD Congo, ils se sont subitement mis à écrire leurs patronymes ou noms de famille de la manière suivante : CIMANGA au lieu de TSHIMANGA ; CISHIKU au lieu de TSHISHIKU ; CISUAKA au lieu de TSHISUAKA ; CIAKUDIA au lieu de TSHIAKUDIA ; CIMBOMBO au lieu de TSHIMBOMBO ; CIAMALA au lieu de TSHIAMALA ; CIMPAKA au lieu de TSHIMPAKA; CIBUABUA au lieu de TSHIBUABUA; CIPAMBA au lieu de TSHIPAMBA; CIKWANINE plutôt que TSHIKWANINE; CITENGE au lieu de TSHITENGE, CIBANGU au de lieu de TSHIBANGU, CIZUNGU au lieu de TSHIZUNGU, CIZA au lieu de TSHIZA, etc.

Mon Dieu ! Depuis quand écrit-on comme ça en RD Congo ? Tout ça, c´est franchement de la foutaise. Et plus grave, ils les prononcent comme s´il agissait plutôt là d´un « S » et cela nous produit le son « SI ». Cette liste qui est loin d´être exhaustive, pourrait être à souhait complétée par vous-mêmes, car vous en connaissez sûrement d´autres exemples.

Et cette extravagance a été poussée à un tel point que ces compatriotes vont jusqu´à orthographier la belle langue nationale TSHILUBA avec un « C » pour faire curieusement: CILUBA. Ils surchargent leurs noms de la lettre « H », ou de deux « SS » superflus ou parfois de « T », qui n´y apportent aucune valeur significative. Ainsi, ils écrient : THAMBWE au lieu de TAMBWE simplement. Imaginez-vous que mon nom LULENDO soit plutôt orthographié : LHOULHENDHO. Supposons aussi que notre fierté nationale, sommité scientifique mondiale et Prix Nobel de la Paix, j´ai cité le Docteur Denis MUKWEGE en fasse autant pour ― selon lui ― « se faire valoir » davantage, parce que « insatisfait » du cocktail de tous les titres honorifiques qu´il cumule déjà à travers le monde, en décidant désormais d´écrire son nom comme suit : Denis MHOUCOUEGUET. Seriez-vous qui lisez en mesure de nous reconnaître en tant que tels et en tant que Congolais de Kinshasa, à travers cette insolite et fantaisiste graphie, n´ayant pas cours chez nous en RD Congo ?

Soit, cette « bande de Charlots » en écriture choisissent de supprimer gratuitement la lettre « Y » pour la remplacer par « IE », et écrivent avec fantaisie et maladresse: NGOIE au lieu de NGOY. Ils échangent curieusement la lettre « O » contre la combinaison  « AU », voire suivie de LT, et ils écrivent MPONGAULT plutôt que MPONGO, exactement comme dans la graphie de la marque d´automobile française : RENAULT. D´où vient donc tout ceci se demande-t-on en définitive ? Sachant qu´au Congo, on écrit de la façon la plus simple possible, et que la combinaison « AU » n´est pas d´usage dans la transcription de nos langues. Est-ce que ces compatriotes sont-ils conscients des dangers auxquels ils exposent notre identité nationale ?

Figurez-vous un peu l´hypothèse de voir un jour le président de l´UDPS, faisant désormais office de président de la république protocolaire et sans impérium depuis sa nomination électorale du 24 janvier 2019, en l´occurrence Félix-Antoine TSHILOMBO TSHISEKEDI, ou notre célèbre artiste chanteuse TSHALA MUANA, voire Bruno TSHIBALA, l´ex-Premier ministre. Trois personnalités très connues du pays, décider un beau matin de ne plus orthographier leurs noms tels quels, en troquant la combinaison « TSH » contre un inexplicable « C », pour faire : Félix-Antoine CILOMBO CISEKEDI, CALA MUANA et Bruno CIBALA. N´est-ce pas cela ferait drôle même à vos yeux ? En plus, en les lisant, les sons qui en sortiraient, feraient qu´il ne s´agirait plus d´eux, mais plutôt d´autres personnes, à tel point qu´ils ne sauraient plus eux-mêmes se reconnaître lors d´un « appel d´écoliers ».

Et dans ce cas, que penseriez-vous donc d´eux à la suite d´un tel dévergondage orthographique de leur part, qui de surcroît, détériorerait aussi bien la morphologie que la phonétique de leurs patronymes ? Pourtant, c´est bien ce que font bon nombre de    nos compatriotes concernés par ce qu´il convient de qualifier de débauche de graphie, car opposée à la règle officielle et traditionnelle en RD Congo.

Et certains de ces fantaisistes en écriture, sont ou ont été des officiels.

Et le comble de l´ironie dans cette histoire est que l´on compte parmi ces gens-là, même des personnalités « importantes » du pays, occupant ou ayant occupé des postes à responsabilité dans l´appareil politico-administratif, qui, de par leurs qualités de représentants de l´État, seraient plutôt censés être exemplaires dans protection de l´identité nationale congolaise, en écrivant leurs propres noms conformément à la graphie officielle en RD Congo. Loin s´en faut ! Ils contribuent plutôt à la fragiliser en se livrant eux-mêmes à cette cacographie pleine de périls.

Précisons toutefois que cette analyse bien que se voulant impersonnelle, ne nous empêcherait pas pour autant de désigner ceux-ci nommément. Et ce, non pas dans le but d´essayer de les discréditer, mais plutôt dans une démarche citoyenne d´interpeller leur conscience nationale. En espérant bien entendu pouvoir attirer par ricochet, l´attention des Congolais et de l´autorité en place, à travers ses instances spécialisées s´il en existent encore, pour qu´elle se saisisse de ce phénomène qui prend une ampleur de plus en plus inquiétante, et de rappeler ainsi à l´ordre, voire de tenir en respect tous les esprits réfractaires à la règle.

Et à ce propos, par soucis d´exprimer les choses sans ambiguïté, on se limitera à ne citer que deux exemples que sont : celui de l´ex-gouverneur du Sud-Kivu chassé de son poste par la rue à travers une pétition de la population, à savoir : Marcelin CISHAMBO RUHOYA au lieu de TSHISHAMBO qui lui, se trouverait être – selon certaines sources de confiance un Hutu rwandais, et de là on comprend – l´un des précurseurs de cette abusive graphie et de surcroît non-congolaise. Mais également celui de l´ex-ministre des Sports, Jeunesse et Loisirs et ex-gouverneur du Kasaï Central, en la personne de Denis KAMBAYI CIMBUMBU au lieu de TSHIMBUMBU.

Ainsi, la question est celle de savoir si ces deux « responsables politiques » et hauts fonctionnaires susmentionnés, sont-ils authentiquement Congolais ? Et si oui, – car je n´en doute pas un instant – peuvent-ils alors expliquer aux Congolais les raisons pour lesquelles ils orthographient leurs noms de cette manière qui prête à confusion avec les étrangers ? Pourraient-ils aussi affirmer à la face de la Nation que c´était déjà de façon-là qu´ils les orthographiaient étant sur le banc de l´école dans leurs documents officiels – scolaires, académiques ou administratifs – sous la Première et la Deuxième République, en particulier, au plus fort de la Politique du recours à  l´authenticité instaurée autrefois par le Président MOBUTU Sese Seko ? Sinon, d´où viendrait-elle alors cette « extravagance en écriture », qui est loin d´être congolaise ? Faut-il rappeler ici que nous ne sommes pas au Zimbabwe ?

Les imposteurs étrangers se montrent plus malins que les Congolais.

Et pourtant, ce sont les terres et les provinces d´où ces Congolais sont originaires, qui sont le plus exposées à ces invasions étrangères dues aux récurrentes guerres intercommunautaires chez les pays voisins, ayant pour corollaire les vagues successives de refugiés venus s´y installer de manière durable et permanente. Il nous vient naturellement à l´esprit les provinces de « l´est », c´est-à-dire du Grand Kivu et celles issues du Grand Kasaï au centre du pays.

De même que les patronymes de nos compatriotes des provinces susmentionnées, sont ceux à être les plus plagiés – pour ainsi dire – par ces étrangers-là. Exemples : Didier KAZADI NYEMBWE, nom d´emprunt lui donné avec un passeport congolais par l´ambassadeur TSHIMBALANGA ― amant de sa mère ― jadis en poste au Burundi, pour lui permettre d´échapper à la vigilance des autorités de son pays. De son vrai nom « Didier » RUSIMBI, un sujet tutsi-burundais pur-sang, fugitif et repris de justice pour vols/meurtre et désertion de l´armée nationale burundaise, autrefois Directeur général de l´Agence nationale de renseignement (ANR) et député national en RD Congo. Ou encore alias Sultani MAKENGA, de son vrai nom vrai rwandais: RUZANGISA, chef de bande du sinistre M23, l´ex-organisation terroriste et criminelle tutsi-rwandaise de triste mémoire, qui sema mort et désolation dans le Nord-Kivu d´avril 2012 à décembre 2013. Laquelle organisation venait de faire son énième « come-back » en ce mercredi 22 juillet 2020 à Rutshuru, avec déjà à son actif : trois nouvelles victimes et un blessé dans les rangs des FARDC. Voyez-vous ? Des foutaises comme ça, ne se passent nulle part ailleurs que chez nous au Congo.

Alors qu´à l´opposé, certains de ces millions d´imposteurs étrangers qui ont infiltré la RD Congo, s´emploient avec habilité à amputer leurs patronymes de certains syllabes caractéristiques de leur langue et de leur culture, dans le but de leur donner une consonance congolaise et se confondre ainsi facilement dans la masse. Des exemples, vous en connaissez sûrement d´innombrables dans toutes les sphères d´activité de la vie nationale. C´est ainsi que par d´ingénieuses astuces : Laurent NKUNDABATWARE devient NKUNDA ; KARAMUHETU devient BIZIMA KARAHA ; alors que Vital KAMEREHERE devient KAMERHE ; les GATEHERE deviennent GATERE. Eux au moins, sont conscients de ce qu´ils font pour arriver à leurs fins.

Les mêmes noms/mots, mais pourtant écrits différemment selon les pays.

Nous Congolais, partageons pratiquement avec nos autres frères africains des pays limitrophes entre autres : les mêmes langues, les mêmes cultures, et beaucoup de noms propres et de noms communs de personnes ou de choses. Mais en dépit de ce fait indéniable, nos différentes Graphies/Orthographes ont toujours permis de tirer les choses au clair, en nous différenciant de manière nette et claire des uns des autres, selon nos citoyennetés et nos nationalités respectives. Et pour illustrer au mieux la justesse de ce raisonnement, prenons à la volée et de façon non exhaustive, quelques patronymes très communs en RD Congo tels que : MAFUTA, LULENDO, MABUNDU, NSIKU, MAMBU, LUZITU ou LUFWA,  KIMBANGU, qui sont également partagés par plus de quatre pays africains partiellement compris dans l´aire ethnoculturelle Kongo que sont notamment : l´Angola et son enclave de Cabinda, le Congo-Brazzaville, voire le Gabon.

Ainsi, à la différence de la RD Congo, sur la rive droite du fleuve au Congo-Brazzaville, ces noms propres de personnes sont orthographiés: MAFOUTA, LOULENDO, MABOUNDOU, NSIKOU, MAMBOU, LOUZITOU, LOUFOUA et KIMBANGOU. Ainsi, nous constatons qu´au Congo-Brazzaville les lettres O et U jointes « OU », ont valeur de « U » au Congo-Kinshasa.

Ceci dit, seize individus dont huit du Congo-Kinshasa et huit autres du Congo-Brazzaville, portant respectivement chacun ces mêmes noms repris ci-hauts, et figurant tous sur une liste quelconque, seront sans peine différencier et identifier en tant que tels, grâce à la graphie de leurs noms. Ainsi donc, aucun d´entre eux ne pourra se faire passer pour ce qu´il n´est pas en réalité. C´est-à-dire, se prévaloir de l´une ou l´autre de nos  « nationalités coloniales » qui ne serait pas en réalité la sienne. Car à la lumière de l´orthographe, sa supercherie sera très vite découverte d´un côté comme de l´autre rive du Fleuve Congo. Cela nous renvoie, vous l´avez compris, à l´épineuse question de la crise de nationalité douteuse/fausse, dont la RD Congo est actuellement victime de la part des infiltrés étrangers, au sein de ses toutes institutions, jusqu´au plus haut sommet de l´État.

Et dans le même ordre d´idées, nous partageons avec l´Angola ainsi que le Congo voisins et frères, beaucoup de cours d´eau qui souvent, trouvent leurs sources en territoire angolais.  Et même si nous les dénommons de la même façon, il n´en reste pas moins que leurs orthographes varient d´un pays à l´autre. Ainsi, les rivières KWANGO et KWILU, mais également noms de deux nouvelles provinces selon la configuration territoriale actuelle en RD Congo, s´écrivent en Angola, d´où elles tirent leurs sources : CUANGO et CUILU. Par contre au Congo-Brazzaville, il existe un autre cours d´eau du même nom, qui s´écrit KOUILOU (Niari). Ainsi donc, rien que de par la graphie, on saura sans peine déterminer de quelle « nationalité coloniale » est la personne qui les orthographie. Donc, aucune confusion possible…

Savez-vous que si jamais la ville rwandaise de CYAGUNGU qui, à l´origine était un territoire de la RD Congo l´avait demeuré, comme avant les accords de 1910 conclus entre la Belgique et l´Allemagne colonialistes sur les tracés frontaliers, elle s´écrirait plutôt TSHIAGUNGU, et non pas comme le font nos amis rwandais. Inversement, si celle de TSHIKAPA au Kasaï-Occidental était rwandaise, elle s´écrirait CIKAPA ? Et si le grand écrivain et poète congolais de Brazzaville, TCHICAYA U Tam´si, fut plutôt citoyen du Congo-Kinshasa, son nom aurait été écrit : TSHIKAYA avec un « K » et non avec un « C ». N´est-ce pas ? Le « TSH »  en écriture est donc la marque distinctive de la RD Congo, même par rapport à ses peuples frères et voisins qui l´entourent, et qui eux par contre, utilisent soit la combinaison « TCH » soit la lettre « C » pour reproduire le même son (phonétique).

Même en Occident, on sait dissocier les Britanniques des Américains.

Il en est de même pour certains pays occidentaux partageant la même langue et plus au moins la même culture. C´est le cas de la langue anglaise telle qu´utilisée en Grande-Bretagne et aux USA. Ainsi, pour écrire le mot couleur, les Britanniques l´orthographient : COLOUR, alors que les Américains l´écrivent : COLOR. Pour écrire : goût, saveur ou arôme, en Grande-Bretagne on l´écrit FLAVOUR, pendant qu´aux USA il s´écrit FLAVOR. Comme NEIGHBOUR contre NEIGHBOR pour dire voisin, HONOUR contre HONOR pour dire honneur, etc. Ainsi donc, cette différence de graphie permet de les reconnaître ou de les différencier à travers un texte écrit. 

En conclusion, lors d´une dictée ou une épreuve écrite de grammaire anglaise, selon que vous serez en Grande-Bretagne ou aux USA, si vous écrivez ces mots différemment de la graphie officielle, rassurez-vous qu´on vous collera une faute d´orthographe et vous échouerez à votre examen de passage. Doutez-vous de ça ?

L´orthographe ou graphie n´est pas à prendre à la légère…

À la lumière de ce qui précède, on s´aperçoit bien que l´Art d´écrire correctement les mots selon l´orthographe ou la graphie officielle de chaque nation, n´est pas à prendre à la légère. Car, au-delà du fait qu´une mauvaise orthographe/graphie altère tant la morphologie que la phonétique des mots ou des noms, elle en falsifie tout autant l´identité. Cela pourrait, que l´on s´en doute bien, dans certaines circonstances de la vie entraîner à son tour, des fâcheuses conséquences ou désagréments à l´encontre de leurs auteurs. Et là-dessus, les exemples sont légion.

À cet effet, ma pensée va droit à la triste expérience vécue dans les années 1990 par une amie helvéto-suédoise, qui s´était vue refuser l´octroi d´un nouveau passeport par leur ambassade suisse de Stockholm, pour cause d´une toute petite faute d´orthographe sur l´un de ses trois noms figurant sur sa carte d´identité suédoise. Le nom suisse GUSTAFSSON qu´elle tient de sa grand-mère paternelle, y avait été orthographié GUSTAVSSON à la manière suédoise. C´est-à-dire avec un « V » au lieu de « F », comme le font les Suisses.  Et rien que pour ça, il lui avait fallu attendre plusieurs semaines de longues procédures et vérifications pour se voir enfin rétablie dans ses droits. Conséquence : elle resta clouée en Suède pendant tout l´été 1991, sans aucune possibilité de se rendre à l´étranger pour des vacances, car en ce moment-là, l´espace Schengen de libre circulation des personnes était inexistant, et la Suède n´était pas non plus – avant 1995 ― État membre de l´ex-Communauté économique européenne (la CEE) devenue depuis le traité de Maastricht de 1992  l´Union européenne.

Il en est de même pour nous Africains en général, ou Congolais pour le cas précis, qui sommes réputés être des fidèles abonnés des entreprises financières spécialisées dans le transfert de fonds (cash to cash) tels que : Western Union ou Money Gram, pour y effectuer quotidiennement et pour diverses raisons : des envois d´argent au bénéfice des membres de famille, amis et connaissances restés au pays. Mais combien sont ceux qui d´entre nous, ne se souviennent pas d´avoir été – à une occasion ou à une autre – recontactés depuis le pays par le destinataire du transfert qui n´a pu faire le retrait de l´argent, pour vous prier d´aller apporter la correction nécessaire, à cause du fait que son nom à une « lettre » de différence près – par rapport à sa carte d´identité – avait été mal orthographié ? Par exemple, pour avoir écrit SARAH au lieu de SARA sans H. Ce type de situations, nous en avons les uns comme les autres eu à expérimenter, ou sinon, en avons tous entendu parler d´innombrables. Et pourquoi donc ? Bien sûr qu´à cause d´une graphie fautive ?

Enfin, soyons plus conscients et ne pas succomber à la tentation.

En conclusion, pensez-vous vraiment qu´il serait incommode ou inopportun de rappeler ici, une bonne fois pour toutes et avec insistance, que les noms authentiques congolais (patronymes ou matronymes) ne sont pas d´origine hispano-italienne, latine ou française ? Moins encore, ils ne sont pas des sobriquets dont on se fait souvent le loisir d´écrire n´importe comment au mépris des règles, selon sa propre imagination ou ses caprices d´enfant gâté ? La lettre « C » qui est plutôt d´usage courant chez la plupart de nos pays voisins, n´a quasiment pas de place dans l´écriture de noms ou des langues congolaises authentiques, voire dans la dénomination de notre chère Nation : KONGO, au lieu de Congo, selon la graphie nous qui nous a été imposée par la colonisation belgo-occidentale. D´ailleurs, ce ne sont pas les scientifiques congolais de nos langues qui en diraient le contraire.

Ceci dit, il en va de soi avec notre propre intérêt d´éviter de tomber sous les charmes de l´effet de mode, du suivisme dénué d´esprit de discernement, qui ouvrent la voie à toutes sortes de périls, auxquels sont exposées notre chère Nation-Congo et notre identité nationale. Sur ce, restons donc vigilants et surtout respectueux de notre orthographe ou graphie traditionnelle et officielle, où que nous soyons à travers le monde. Vous avez bien sûr le droit de porter votre nom comme vous le voulez, mais vous n´avez pas le droit de l´orthographier selon que vous le voulez, en faisant fi de la graphie officielle congolaise. Car, il faut garder présent à l´esprit que le Congo une fois libéré du joug des Occupants, saura prendre des mesures coercitives qui s´imposent contre ce fléau ainsi que ses auteurs qui persisteront dans l´erreur.

A vous chers compatriotes concernés par cette « dépravation orthographique » qui fait inconsciemment de vous des « Facilitateurs » de l´infiltration de la Nation et de l´identité congolaises par les étrangers, prière donc de tirer les enseignements de l´Histoire et de vous remettre en question, en vous disant : « je suis dans l´erreur, et il faudra que je revienne à la raison ». Bref, rectifiez donc cette erreur en abandonnant définitivement de cette extravagance en écriture ou cacographie (Bikomela-mwanza) qui dessert plus notre cause nationale qu´elle ne la serve. 

Patriotiquement vôtre !

 

STOCKHOLM, le 25 juillet 2020

Pépin LULENDO

 

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Miriam foko

Merci monsieur Lulendo pour cet article visant à éveiller nos consciences de l’erreur dans laquelle bon nombre d’entre nous se sont plongés. Nous comptons sur vous pour continuer de nous édifier dans vos prochains articles.

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